Le Conseil d'Etat siffle la fin des chasses traditionnelles

Publié le 16 mai 2024

Dans une décision du 6 mai 2024, le Conseil d'Etat vient d'abroger les derniers arrêtés encore en vigueur autorisant les pratiques archaïques de piégeage d’oiseaux sauvages.
Une grande victoire pour la biodiversité !

En mai 2023, le Conseil d'Etat avait déjà annulé 3 des 5 arrêtés cadres du 17 août 1989 relatifs aux chasses traditionnelles des oiseaux.
Seuls restaient en vigueur 2 arrêtés, relookés en 2022 pour faire croire à leur compatibilité avec les directives européennes. Ces arrêtés concernaient la capture des alouettes à l'aide de pantes (filets) ou de matoles (cages).
Le Conseil d'Etat n'a pas été dupé par le relooking et, à la demande de la LPO et de One Voice, il vient d'abroger ces 2 arrêtés, considérant qu'ils restaient contraires à la Directive européenne du 30 novembre 2009, dite Directive "Oiseaux".
Espérons que cette décision constitue le dernier épisode d'un bien mauvais feuilleton et marque définitivement la fin de chasses archaïques et portant sur des espèces en déclin !

Saisie en référé par la LPO, la justice suspend les pseudo-expérimentations visant à rétablir les chasses traditionnelles.

Publié le 29 octobre 2023

Les arrêtés préfectoraux autorisant, à titre « expérimental » la capture de 6000 alouettes des champs, 500 vanneaux huppés et 15 pluviers dorés ont immédiatement fait l'objet d'un référé par la LPO et One Voice.
3 de ces arrêtés scandaleux viennent d'être suspendus par les tribunaux.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne vient en effet de suspendre l’arrêté préfectoral autorisant la tenderie des 500 vanneaux huppés et de 15 pluviers dorés dans les Ardennes.
De son côté, le tribunal administratif de Bordeaux a suspendu les arrêtés préfectoraux autorisant la capture de milliers d'alouettes des champs à l’aide de pantes (filets horizontaux) ou de matoles (cages tombantes) dans les départements de la Gironde et du Lot-et-Garonne.


Chasses traditionnelles, les chasseurs et le gouvernement manoeuvrent pour les réautoriser !

Publié le 15 octobre 2023

Après les décisions du Conseil d'Etat ayant annulé tous les arrêtés autorisant les chasses traditionnelles des oiseaux par piégeage à l'aide de filets ou de cages, on aurait pu croire que ces chasses étaient reléguées une fois pour toute au musée des horreurs. C'était compter sans l'acharnement des chasseurs et la complaisance dont le Gouvernement a toujours fait preuve à leur égard.

Sous la pression des chasseurs, le Ministère de l'écologie autorise une expérimentation dont l’objectif est de démontrer le caractère sélectif de ces chasses et prouver que le nombre de captures d’espèces non ciblées demeure faible et que ces dernières sont relâchées rapidement, sans dommage autre que négligeable.
Ainsi, par arrêté préfectoral, entre le 1er octobre et le 20 novembre,
- 6000 alouettes des champs pourront être capturées à l'aide de pantes ou de matoles, dans les départements de Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques,
- ainsi que 500 vanneaux huppés et 15 pluviers dorés, à l'aide de tenderies, dans le département des Ardennes.

En théorie, les données recueillies lors de cette expérimentation doivent permettre d’évaluer « scientifiquement » la proportion de prises accidentelles d'espèces non ciblées, ainsi que l’état, au relâcher, des individus ainsi capturés. Dans les faits, les résultats reposeront sur les déclarations des chasseurs eux-mêmes, la présence d’un observateur assermenté et indépendant restant facultative.

Ces manoeuvres pour réautoriser les chasses traditionnelles sont d'autant plus choquantes qu'elles concernent des espèces en déclin : l'Alouette des champs a perdu 25% et le Vanneau huppé 32% de ses effectifs en 18 ans, entre 2001 et 2018.

graphique de l'évolution des effectifs de l'Alouette des champs
Source du graphique : VigieNature